la reunion

Mafate Deux-Bras

Histoire

La Reunion a été découverte au début du XVIe siècle par les Portugais. L’île est encore inhabitée au moment de sa prise de possession au nom du roi de France en 1642. Dénommée, «Bourbon», son histoire se confond alors avec celle de la Compagnie des Indes Orientales. Cette dernière se charge de la mettre en valeur en privilégiant une culture d’exportation, le café, et en utilisant surtout une main-d’œuvre d’esclaves en provenance d’Afrique ou de Madagascar.
À partir de 1865, l’effondrement du cours du sucre va mettre à mal cette situation florissante. Malgré la construction d’une ligne de chemin de fer en 1882 et le creusement d’un port à la Pointe des Galets en 1886, la Reunion connaîtra une longue période de marasme et traversera deux dures épreuves. La Première Guerre Mondiale, qui fera près de 3 000 morts, sera suivie d’une effroyable épidémie de grippe espagnole causant entre 5 000 et 10 000 morts avant que ne s’amorce, dans les années 1920, un redressement sensible, vite interrompu par le déclenchement de la Seconde Guerre Mondiale. La Réunion subira un dur blocus au cours de celle-ci et son ralliement à la France Libre en novembre 1942 ne mettra fin que partiellement à cette épreuve. Votée à l’unanimité par l’assemblée constituante, la loi du 19 mars 1946 transforme les quatre vieilles colonies, dont la Réunion, en départements français. Toutefois, les pesanteurs administratives et l’état de délabrement de l’économie sont tels qu’il faudra attendre le début des années 1960 pour qu’une véritable politique de développement soit mise en œuvre. Élu député de la première circonscription en 1963, l’ancien Premier Ministre Michel Debré engage alors la Reunion dans un processus volontariste de développement et d’assimilation avec la métropole qui s’est poursuivi jusqu’à aujourd’hui.

La genèse de l’île a commencé il y a 3 millions d’années par le vieux massif du Piton des Neiges qui, après s’être lentement édifié sur quatre mille mètres de fond, a émergé et construit en quatre phases successives un cône montagneux qui a dû culminer à plus de 4 000 mètres d’altitude.
II y a 500 000 ans, tandis que s’éteignaient progressivement les feux du Piton-des-Neiges, un nouveau massif volcanique se créait sur son flanc sud-est : la Fournaise (2 631 mètres). C’est ce volcan qui continue à cracher ses laves, presque chaque année, et qui a construit l’île, petit à petit. L’océan, aidé du vent et de la pluie, a sculpté de manière spectaculaire les deux massifs volcaniques, leur donnant un relief vertigineux, unique dans tout l’Océan Indien.

Les trois cirques – Cilaos, Mafate et Salazie – ne sont en fait que des ravines démesurément agrandies. A Mafate, l’effondrement progressif des falaises a élargi la ravine creusée par un cours d’eau, jusqu’à faire un fond de vallée circulaire, très accidenté et n’ouvrant sur la mer que par le lit de la rivière. Quant aux routes de Cilaos et de Salazie, elles offrent un éventail surprenant de cascades, de falaises, de gouffres… et de virages.
Dominant les cirques, les plus grands sommets sont le Piton des Neiges (3 069 m) et le Gros Morne (2 992 m), reliés par la crête rocheuse des Salazes, le Grand Bénare et la Roche Écrite.
D’une superficie totale de 2 512 kilomètres carrés, l’île est bordée par 210 kilomètres de côtes, pour l’essentiel inhospitalières, si ce n’est les 25 kilomètres de plages de sable blanc corallien et les 14 km de sable noir, situés dans l’Ouest. L’île de la Reunion a fait son entrée au Patrimoine mondial de l’humanité de l’Unesco le 1er août 2010.